Communautarisme et intégration


Nouvel article traitant de l’opposition de communautarisme et d’intégration.

Si tout le monde comprend le sens du communautarisme, je vais expliciter un peu ce que j’entend par intégration, pour ne pas prêter à confusion.

L’intégration, pour moi, signifie le fondement d’une catégorie de personnes dans la masse globale de la population, cette catégorie se différenciant de la « masse » par une caréctistique morale et/ou physique, telle que par exemple la couleur de peau, ou l’orientation sexuelle. Intégration ne signifie pas que cette même catégorie ne fasse pas partie d’une certaine manière de la masse.

Je vais essayer de montrer que communautarisme et intégration, pourtant tant réclamée par les minorités, sont deux choses s’excluant mutuellement. Il ne sera possible d’avoir que l’une de ces deux choses …

Le communautarisme, tout d’abord, se veut être un regroupement de personnes ayant une particularité commune. Ces personnes, minoritaires par rapport aux « courants » classiques, réclament assidûment la tolérance, la non-discrimination, et les mêmes droits que tous les autres. C’est louable, certes, mais caractérisons le communautarisme un peu plus en profondeur. Pour celà, je m’appuierai sur le communautarisme homosexuel, que je connais assez bien. Les homosexuels donc, pour une partie visible d’entre eux (J’entend par là que ceux ne pensant pas de la même manière sont quelque peu « invisibles » au niveau de leurs revendications …), réclament des droits similaires aux hétérosexuels, tout en rejetant beaucoup des conditions nécessaires à l’égalité. Je commencerait par le droit au mariage. Il semblerait logique et naturel d’accorder le droit de mariage à toute personne, quelque soit sa couleur de peau, ou son orientation sexuelle. Mais revenons aux origines du mariages.

Le mariage est un procédé religieux, permettant l’union de deux personnes, pour le bien et le mal, dans le bonheur ou dans le malheur, etc … Les homosexuels réclament donc un droit au mariage. Ce qui signifie, si on va un peu plus loin, probablement qu’ils désirent un mariage à l’Eglise, alors que l’état actuel de la religion voit encore, du point de vue de certains extrêmistes, l’homosexualité comme maladie ? Je ne pense pas que religion et homosexualité soient réellement compatibles … A moins de faire des concessions ! (L’intérêt de la religion fera peut-être l’objet d’un article dans le futur). Pourquoi, à défaut d’un mariage, fortement connoté religieusement, n’améliorerions-nous pas le PActe Civil de Solidarité, employé par beaucoup de couples homosexuels et hétérosexuels, pour lui donner, au final les mêmes droits/avantages juridiques et financiers que le mariage ? Si le PACS doit rester tel qu’il est, pourquoi ne pas créer une nouvelle union, accordant les mêmes droits et avantages pour tous ?

Ensuite, ils voudraient se voir insérés dans la population, et être acceptés comme n’importe qui, sans être jugés … Celà est-il compatible avec la Marche des fiertés, par exemple ? Je vais essayer d’analyser le plus finement possible cette marche. Partant d’un but honorable, faire connaître cette particularité du genre humain, ceci c’est transformé en un vaste carnaval, où, faisant défiler des chars, des hommes parfois très dénudés, ou alors habillés à la manière des femmes, sont tous à l’image d’une boite de sardines, dansant sur de la musique électronique … Certes, c’est très agréable et amusant, d’y être, mais regardons celà d’un oeil extérieur, celui par exemple d’une personne n’ayant aucune affinité ni animosité envers l’homosexualité. Cette personne voit défiler des chars, sous un prétexte « donnez-nous l’égalité », ou autres slogans ressemblants, cependant, les gens y partipants semblent plus s’amuser qu’être là pour réellement revendiquer leur cause … La Marche des Fiertés, dite Gay-Pride, ne serait-elle rien d’autre qu’un carnaval, ou encore une Techno Parade ? Le rapprochement peut être rapidement fait, si ce n’est ce rapport au sexe et au physique présents partout dans le cortège.

Je pourrais prendre beaucoup d’autres exemples, mais j’espère avoir immiscé en vous un minimum de réflexion sur l’opposition communauté et intégration, et qu’il n’est pas réellement possible de se voir immergé dans la masse, si on reste dans son coin, entre nous.

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  1. #1 by Estwald on 29 avril 2009 - 23 h 27 min

    La Gay Pride est pour toi un rejet des conditions de l’intégration. Or la base de son existence (cf Stonewall Inn) est une revendication d’égalité des droits, égalité qui n’existe pas aujourd’hui. C’est donc une nette volonté d’intégration, la Gay Pride a pour ambition de faire avancer les choses, faire réagir. C’est pour se faire entendre qu’elle choque les esprits… sur quelques heures car tous les gens ne se bariolent pas du drapeau gay tous les jours de l’année. Ceci dit, je suis tout à fait d’accord avec toi pour dire qu’aujourd’hui, en France, elle est beaucoup plus vécue comme festive que revendicatrice. Mais c’est aussi un message que tu envoies aux autres homosexuels du monde entier qui voient dans ces images des scènes de joies, des visions de liberté d’expression de l’homosexualité qu’ils ne peuvent pas toujours vivre chez eux.

    Par rapport à la question du mariage, certes il y a une symbolique religieuse, mais également des avantages fiscaux, civils et juridiques que tu soulignes très bien. Cependant, tu proposes l’amélioration du PACS pour obtenir un équivalent du mariage. Quel serait donc dans cette situation l’intérêt des hétérosexuels pour cette union ? Si les hétérosexuels aiment autant le PACS, c’est pour ses conditions moins poussées que le mariage. Le PACS amélioré serait donc au final beaucoup plus tourné vers le public homosexuel. N’est-ce donc pas du communautarisme que tu souhaites tant réduire ? Ton autre proposition de créer une nouvelle union pour les homosexuel-le-s n’est-elle pas un acte encore plus fortement communautariste car simplement dédiée aux homosexuels ?

    Enfin, je trouve que tes positions se rapprochent fortement de l’Observatoire du Communautarisme qui à mon sens n’est qu’une vision très simpliste de la société française et qui est loin d’apporter une expertise sur la complexité et les problématiques sociétales. La définition de l’intégration que tu donnes est excessivement ethno-centrée.
    En ce sens, je pense qu’il est possible d’avoir une société qui intègre différentes populations et fonctionnant comme système d’éléments en interaction, voire même en intégrant une logique réticulaire. L’intégration peut très bien passer par une mise en commun, une mise à égalité et la création de relations entre les différentes communautés. Bien qu’à échelle locale on pourrait voir des groupes se dessiner, si on se place d’un point de vue plus large, la juxtaposition des communautés peut produire un ensemble cohérent, tout comme des morceaux de mosaïque différents de près peuvent constituer une image d’ensemble, tout comme des pixels totalement différents collés peuvent former des mots.
    La vision de l’intégration républicaine n’est pas réellement à mon sens une intégration, mais plutôt une assimilation, une assimilation républicaine qui voudrait que chacun laisse ses spécificités culturelles au placard, ces spécificités qui font ce que nous sommes, en tant qu’individu unique. Cette assimilation républicaine dans une pensée universaliste passe par une sorte d’a-culturation. Or je pense que c’est en apportant l’égalité entre les communautés que l’on pourra construire une cohésion et former une unité comme base de la Nation.
    Doit-on alors opposer communautarisme et intégration ? En France, possiblement, ou alors peut-être faut-il revoir ce qui est entendu par communautarisme et intégration.

    • #2 by Phylos on 29 avril 2009 - 23 h 50 min

      Certes, dans l’idéal, ces marches sont très revendicatrices … mais je déplore la disparition quasi-totale de ces revendications … De plus, l’image que donnent les médias (et donc celle que les gens fixent dans leurs esprit) n’est certainement pas l’image de la manifestation revendicatrice … Et la représentation de ces moments « festifs » (personnes plus ou moins dénudées, musique forte et spécifique à certains goûts) ne participent pas à ce que les gens puissent s’assimiler à celà … celà, je pense, augmente donc, dans une certaine mesure, le rejet de cette population, puisque celà ne fait qu’accentuer les énormes préjugés qu’ont les gens des homosexuels … Le seul point positif serait l’éventuel signe aux pays où les libertés sont moins importantes … un signe qu’un jour, eux aussi pourront vivre ouvertement leur sexualité, sans risque d’être pendu sur la place publique.

      Concernant le PACS, en effet, je ne m’étais pas posé cette question … il serait peut-être bon de le laisser tel quel … Par contre, concernant l’union civile, celà pourrait être considéré comme un « mariage pour gays », mais, qui ne pensait pas celà du PACS à sa création ? Il n’y a qu’à voir le résultat aujourd’hui, il y a plus de couples hétérosexuels pacsés que de couples homosexuels !
      Une union civile permettrait, je pense, d’accentuer un peu plus la laïcité et la non-implication de l’Eglise dans les affaires de l’Etat, car supprimerait cette connotation religieuse qui existe … Si l’on désire, à l’heure actuelle, les mêmes droits qu’un mariage, sans cette connotation, comment fait-on ? Eh bien on ne peut pas … et c’est dommage de voir encore le mariage nécessairement affublé de l’attribut « religion ».

      Il me semble normal que j’ai une vision assez limitée et simpliste de la société française … je n’ai pas fait d’études sociologiques, je ne peux me baser que sur mes propres jugements parfois fortement subjectifs pour penser d’une manière ou d’une autre … Je n’ai pas (encore ?) le recul nécessaire à juger objectivement, même si j’essaye de m’en approcher, et que je pense l’être bien plus que beaucoup.
      Le principal problème des communautés, c’est lr risque, justement, de la limitation des échanges à ces cercles … et pas à l’extérieur ! (Ou du moins, pas comme ce qui permettrait une réelle assimilaiton, comme tu dis, terme que je préfère à celui d’intégration. L’assimilation passe, selon toi par une a-culturisation, mais, d’une certaine manière, ne passe-t’elle pas également par des a- beaucoup de choses ? Les médias réfléchissent maintenant pour la population … elle n’a plus qu’à absorber tout ce vomi d’informations trafiquées, sans avoir le choix … ne pouvant et ne voulais pas se forger d’image propre à elle-même..

      Je pense toujours, en effet, que communautarisme et intégration sont opposables … tant que le communautarisme n’aura pas diminué d’intensité, et que les membres de ces communautés ne feront pas plus d’efforts pour aller vers les autres, cette intégration ne se produira pas.

      • #3 by Estwald on 16 mai 2009 - 13 h 18 min

        A propos de la Gay Pride, certes l’image que véhiculent les médias n’est pas celle revendiquée. Mais depuis quand suit-on l’image donnée par les médias ? Bref, il est évident que de nombreuses personnes ne se reconnaissent pas dans ce qui est montré, mais une manifestation ordinaire ne serait-elle pas justement par son aspect commun quelque peu noyée dans la masse ? Est-ce que le 17 mai, qui suit un schéma classique, a plus d’impact que la Gay Pride ? Le fait même que tu parles de la Gay Pride et de son côté exubérent montre qu’elle bouscule l’imaginaire des gens.

        Cette quête de la reconnaissance de l’égalité passerait par une union civile, ou mariage civil, peu importe le nom, égalitaire entre les couples hétérosexuels et homosexuels. Or, nous en sommes encore loin. Si une communauté souhaite cette égalité, c’est qu’elle s’ouvre sur l’extérieur et n’est pas autarcique. Le problème du communautarisme ne vient pas forcément de ces communautés qui ne veulent pas aller vers la majorité, ce qui est souvent faux, mais aussi de la stigmatisation de ces communautés par la majorité. Combien de Français assimilent les banlieues, les problèmes de délinquances et les Arabes ? Donc tu oublies la moitié du problème pris dans l’autre sens.
        Et moi non plus je n’ai pas fait d’études sociologiques.

  2. #4 by IntoTheWild on 20 mai 2009 - 21 h 14 min

    Sur le point de la gay pride je rejoins plutôt Estwald. Par contre pour les PACS, certes les hétéros ne trouveraient pas tous leur compte dans un système plus poussé de la première version, mais rien n’empêche qu’une autre forme de PACS soit créée. Pas réserver aux homosexuels seulement par contre.

    • #5 by Estwald on 21 mai 2009 - 8 h 13 min

      Au final ça revient au même, tu aboutit à une union équivalente au mariage hétérosexuel pour les homosexuels, donc à une forme de communautarisme. C’est juste que tu ne formule pas de la même façon, améliorer le PACS pour en faire un mariage gay, et créer une autre forme de PACS, c’est comme conserver le PACS actuel et créer une union civile équivalente au mariage, ce qui semble d’ailleurs se profiler d’ici une dizaine d’années.

(ne sera pas publié)

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