Archive pour juillet 2015

L’intelligence, un fardeau ?

Récemment, j’ai débuté la lecture d’un livre, « Trop ingelligent pour être heureux ? » que vous pourrez acheter ici, par exemple.
Ce livre parle d’intelligence, et plus particulièrement de ce qu’on a tendance à appeler la « surintelligence », ou plus particulièrement l’intelligence dont disposent les surdoués.

La lecture de ce livre m’a troublé, parce que je me retrouve dans des points abordés, et j’estime correspondre à beaucoup de points cités dans le livre. Serais-je donc surdoué ? Serait-ce là la réponse à mes questionnements perpétuels et mon incompréhension du monde qui m’entoure ?
Je ne sais pas. Ce n’est pas à moi de le dire. Cependant, cette lecture m’a permis de m’instiguer un petit doute, et de me dire que, finalement, si je colle à beaucoup de caractéristiques énumérées dans ce livre, et que d’autres aussi, c’est que, surdoué ou pas, je n’ai pas nécessairement un « problème ». C’est, d’un certain côté, rassurant.

Cette lecture me pousse donc à réfléchir, bien évidemment. Réfléchir à l’intelligence, à ce qu’elle entraîne, et surtout à la façon dont elle est perçue en « dehors » de soi. Doit-on considérer l’intelligence comme une qualité ? Doit-on prévenir les gens pouvant être intelligents que celle-ci peut être destructrice, voire dévastatrice ? Comment réguler sa propre intelligence pour rentrer « dans le moule » ? Mais … veut-on rentrer dans ce moule ?

Bien évidemment, les questions foisonnent bien plus vite que les réponses. Je vais essayer de me focaliser sur celles que j’ai déjà pu poser afin de tenter d’y répondre.

Tout d’abord donc, l’intelligence en tant que qualité ? Mais qu’est-ce qu’une qualité ? La qualité, au sens propre, n’est rien d’autre qu’un attribut, une caractéristique. On lui a collé, après, un sens « positif », cherchant à attribuer à la « qualité » un sens utile, bénéfique, considéré comme étant le « bien ». En reprenant le sens original de la qualité, il apparaît évident que l’intelligence en soit une. Elle fait partie de nous, elle fait en partie ce que nous sommes, après tout. Cependant, si l’on considère le sens plus moderne, j’aurais tendance à dire que l’intelligence a un potentiel qualitatif, tout comme elle peut simplement n’être qu’une composante neutre de la personnalité. Tout dépendra, finalement, de ce que chacun décide d’en faire.

Doit-on prévenir que l’intelligence peut être destructrice ? Je suis persuadé que c’est nécessaire. Le problème apparaît dans la détection de cette intelligence. Se base t-on sur les résultats scolaires pour détecter l’intelligence ? Nous risquerions de passer à côté de beaucoup de personnalités qui n’ont pas réussi à trouver dans l’école un modèle qui leur convienne. Je n’ai pas de réponse à cela, mis à part orcer un test obligatoire à l’entrée au collège / lycée, afin de mieux orienter et traiter tous les cas possibles ?

Réguler son intelligence pour se fondre dans la masse, et le bien-fondé du moule ?
C’est un questionnement que j’ai, depuis très longtemps : devrais-je, en quelque sorte, faire en sorte de rentrer dans le moule ?
Est-il pertinent, d’un point de vue objectif, que tout le monde rentre dans ce moule ? Comment ne pas se retrouver seul, lorsqu’on a fait le choix de délibérément rester en dehors ? Doit-on rester seul ?
Il m’arrive régulièrement, lorsque j’exprime un point de vue, ou un avis, que je rentre en conflit avec quelqu’un qui a un avis ou un point de vue différent. J’ai pu observer, avec le temps, que la plupart de ces conflits interviennent à la suite d’une différenciation dans la précision d’un mot ou d’un terme. Nous avons une langue très riche, pleine de nuances, et certains, n’arrivant pas à analyser et à connaître la définition précise d’un mot ou d’une expression, se permettre une considération imprécise, trop floue ou boiteuse. Forcément, cela génère par la suite des incompréhensions lorsque l’on essaye de bâtir ou d’expliquer des concepts qui s’appuient sur ces définitions bancales.
J’aime bien transmettre mon savoir, partager ce que je sais : j’ai donc à coeur de corriger, chez les autres, les définitions erronnées, ou apoprter des nuances ou des précisions complémentaires. J’ai pu, malheureusement, observer un refus généralisé de la remise en question, lorsque cela peut se produire. Il semble difficile, pour beaucoup, de se dire que la définition de l’autre peut être plus précise et lever des ambiguités, parce que finalement ces ambiguités apparaissent « négligeables » et sans grande importance.
M’est-il possible d’accepter que l’autre n’accorde pas d’importance à ce que je trouve vital, afin d’empêcher toute potentielle incompréhension future ? Je ne sais pas. Force est de constater que les autres me considèrent comme quelqu’un qui pense tout savoir, puisque je conteste toujours une définition bancale. Peut-être est-il, finalement, plus simple de laisser parler …

Laisser les conséquences de son intelligence (celles-ci, dans le cas présent, étant une extrême précision des mots et des termes) interagir avec des gens au fonctionnement différent semble blesser ceux-ci, puisqu’on passe pour quelqu’un qui « sait toujours tout », quelqu’un qui « cherche la petite bête », et finalement, quelqu’un d’antipathique.
Je trouve cela regrettable. Peut-on pousser les autres à évoluer, contre leur propre volonté, indirectement ? Est-ce, finalement, bien de vouloir les pousser à plus réfléchir ? En sont-ils capables ?

Pour repartir sur une base plus large, j’ai le sentiment (mais celui-ci ne s’appuie pas vraiment sur des expériences vécues) que l’intelligence fait peur à celui qui en est moins doté. Qu’elle génère jalousie et rejet, plutôt que de générer jalousie et désir d’évolution pour ressembler à l’autre. La jalousie n’est pas un sentiment que je considère comme négatif : ce qu’on en fait peut l’être. On aura d’un côté le jaloux qui se bouge pour ressembler à l’objet jalousé, et l’autre qui prendra la direction opposée, rejetant en bloc en trouvant des prétextes fallacieux ce qu’il ne veut pas prendre la peine de rejoindre.

* Article potentiellement non fini, n’apportant pas grande réponse, et susceptible d’obtenir une édition plus tard *

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